Érigé en 1888 par l'architecte Ambroise Baudry pour l'oncle du peintre Toulouse-Lautrec, ce château breton mêle élégance éclectique et orientalisme raffiné, dans un parc paysager préservant une chapelle du XVIIe siècle.
Au cœur du bocage breton, à quelques kilomètres de Rennes, le château de la Haichois se dresse dans son parc paysager comme un manifeste architectural de la fin du XIXe siècle. Commandé par le comte Odon de Toulouse-Lautrec — oncle du célèbre peintre — à l'architecte parisien Ambroise Baudry, l'édifice conjugue la rigueur d'un plan composé et la liberté formelle caractéristique de l'éclectisme victorien. Sa silhouette asymétrique, rythmée par des pavillons saillants, une tour circulaire et un avant-corps polygonal, lui confère une singularité immédiate dans le paysage. Ce qui rend la Haichois véritablement unique, c'est la superposition de deux époques en un seul lieu. Les lambris en bois sculpté datant de 1675, rescapés de l'ancien manoir qui occupait le terrain, dialoguent silencieusement avec la modernité du bâtiment neuf. Cette continuité mémorielle, voulue par le commanditaire, témoigne du respect aristocratique pour la transmission et l'ancrage familial. Au détour d'une pièce d'angle, le visiteur averti découvre la surprise la plus précieuse du château : un fumoir à décor orientalisant, seul témoignage subsistant du talent de coloriste d'Ambroise Baudry. L'architecte, qui avait longuement séjourné au Caire, transposait ici les arabesques et les jeux de couleurs d'un Orient rêvé, créant un cabinet de curiosités intime et somptueux. Au-delà du corps principal, le domaine déploie un programme complet : chapelle et colombier de 1680 soigneusement conservés, écuries, ferme et potager clos de murs. Le parc paysager, recomposé à l'occasion de la construction, offre des perspectives travaillées où les masses végétales encadrent l'architecture comme un tableau. La Haichois est davantage qu'un château : c'est un domaine rural aristocratique intact, un témoignage vivant de la vie de la noblesse provinciale sous la Troisième République.
Le château de la Haichois appartient au courant éclectique de la fin du XIXe siècle, qui puise librement dans les répertoires médiévaux, Renaissance et pittoresques pour composer des édifices à la personnalité affirmée. Son plan délibérément dissymétrique constitue l'une de ses caractéristiques les plus frappantes : le corps principal rectangulaire est enrichi de plusieurs pavillons saillants en façade, d'un avant-corps polygonal côté sud et d'une tour circulaire à l'est, créant une silhouette mouvementée et pittoresque typique du goût victorien. Cette composition asymétrique, héritée des manoirs néo-gothiques anglais, contraste avec la rigueur classique qui dominait encore l'architecture officielle française de l'époque. À l'intérieur, la richesse décorative est au rendez-vous. Les lambris en bois sculpté du XVIIe siècle, récupérés de l'ancien manoir de 1680 et vraisemblablement exécutés par des artisans bretons ou normands, tapissent certaines salles d'apparat, conférant aux espaces une patine et une profondeur historique que le neuf seul n'aurait pu offrir. L'élément le plus précieux demeure toutefois le fumoir orientalisant : Ambroise Baudry, nourri de ses années égyptiennes, y a déployé un programme décoratif inspiré des maisons de notables cairotes — moucharabiehs, arabesques polychromes et jeux de couleurs intenses — faisant de cette petite pièce un cabinet d'Orient au cœur de la Bretagne. Le domaine bâti s'étend bien au-delà du château lui-même : la chapelle et le colombier de 1680, les écuries, la ferme et le potager clos de murs forment un ensemble cohérent et complet, représentatif de l'organisation d'un grand domaine rural aristocratique breton. Le parc paysager, recomposé lors de la construction du château en 1888, encadre l'ensemble de masses végétales savamment orchestrées.
Closed
Check seasonal opening hours
Mordelles
Bretagne