Érigé en 1569 par Gilles Ferron, ce manoir Renaissance breton conjugue tour circulaire et tourelle d'angle dans un équilibre saisissant, témoignant du raffinement nobiliaire de la Bretagne du XVIe siècle.
Niché dans le bocage costarmoricain de Calorguen, le manoir de la Ferronnays s'impose comme l'un des témoignages les plus intacts de l'architecture manoriale bretonne de la seconde moitié du XVIe siècle. Sa silhouette caractéristique, où se répondent une tour circulaire massive et une tourelle d'angle plus gracile, illustre avec éloquence l'art de bâtir propre à la noblesse bretonne de la Renaissance, attachée à ses traditions défensives tout en s'ouvrant aux nouvelles sensibilités ornementales. Ce qui distingue singulièrement la Ferronnays, c'est la lisibilité de son programme architectural : le plan rectangulaire du logis, la précision de sa datation — 1569, gravée dans la pierre même — et la cohérence de son ensemble en font un document architectural d'une valeur pédagogique rare. Ici, point de remaniements baroques ni d'additions classiques qui brouillent la lecture ; le bâtiment parle la langue de son époque avec une clarté désarmante. Pour le visiteur passionné de patrimoine, la découverte de la Ferronnays est une immersion dans la Bretagne intérieure des Guerres de Religion, dans cet univers de petite noblesse terrienne qui bâtissait pour affirmer son rang autant que pour se loger. Les pierres de taille locales, la disposition des volumes, les détails sculptés qui ont résisté aux siècles composent un tableau vivant de la vie seigneuriale bretonne. Le cadre environnant renforce l'authenticité du lieu : le manoir s'inscrit dans un paysage de haies bocagères et de chemins creux typique des Côtes-d'Armor, à l'écart des grands axes touristiques. Cette discrétion est précisément ce qui en fait le charme : on ne visite pas la Ferronnays par hasard, on la découvre par curiosité et on repart avec le sentiment d'avoir percé un secret bien gardé de la Bretagne profonde.
Le manoir de la Ferronnays illustre le modèle canonique du manoir Renaissance breton : un corps de logis rectangulaire allongé, sobre dans son ordonnancement, auquel viennent s'accrocher deux éléments verticaux qui rythment et animent la composition d'ensemble. À une extrémité du bâtiment s'élève une tour circulaire pleine, robuste, héritière directe des donjons médiévaux dont elle conserve le gabarit imposant tout en perdant la fonction strictement militaire. À l'autre extrémité, une tourelle d'angle, plus élancée et plus légère, assure un contrepoint élégant qui confère à l'édifice un équilibre asymétrique caractéristique du goût breton de la période. Les matériaux employés sont ceux de la région : le granite des Côtes-d'Armor, taillé avec soin pour les encadrements de baies, les chaînes d'angle et les moulurations, associé au schiste ardoisier pour les toitures en pente marquée, typiques du climat breton. Les percements — fenêtres à meneaux ou à croisées — témoignent de l'influence Renaissance qui pénètre alors progressivement les chantiers ruraux bretons, sans atteindre toutefois l'exubérance décorative des grandes demeures ligériennes. L'ensemble dégage une impression de solidité tranquille, de noblesse sans ostentation, parfaitement accordée au rang et aux moyens de son commanditaire.
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Calorguen
Bretagne