Demeure bourgeoise du XVIIe siècle à Moncontour, l'hôtel de Clézieux conserve ses boiseries d'époque et ses balcons en fer forgé, témoins du séjour du général Hoche en 1795.
Au cœur de la cité médiévale de Moncontour, dans les Côtes-d'Armor, l'hôtel de Clézieux s'impose comme l'un des rares témoignages de l'architecture civile bourgeoise bretonne du Grand Siècle. Façade ordonnancée, pilastres rythmant l'élévation, balcons en fer ouvragé aux courbes élégantes : cette demeure de négociant affiche avec discrétion la réussite d'une famille de notables provinciaux prospères sous l'Ancien Régime. Ce qui rend ce monument singulier, c'est avant tout l'intégrité remarquable de ses intérieurs. Franchir le seuil de l'hôtel de Clézieux, c'est pénétrer dans un espace où le temps semble suspendu depuis la fin du XVIIIe siècle : un salon habillé de boiseries sculptées, des peintures murales d'époque, un escalier intérieur aux rampes travaillées — autant d'éléments qui ont traversé plus de trois siècles sans être dénaturés. La maison a cependant perdu au fil du temps deux joyaux de sa silhouette originale : son toit à la Mansart et son fronton triangulaire qui abritait un cadran solaire, détails disparus qui trahissent les aléas de l'histoire. L'expérience de visite y est intimiste, presque confidentielle. Loin des foules qui se pressent devant les grands châteaux bretons, l'hôtel de Clézieux offre un contact direct et authentique avec le quotidien d'une bourgeoisie marchande du XVIIe siècle, ses goûts raffinés et ses ambitions sociales lisibles dans chaque détail décoratif. La grande chambre du second étage, en particulier, dégage une atmosphère rare, celle d'une noblesse de commerce qui n'avait rien à envier à la noblesse d'épée. Moncontour elle-même mérite le détour : cité de caractère perchée sur un éperon rocheux, elle conserve ses remparts médiévaux, ses maisons à colombages et ses ruelles pavées. L'hôtel de Clézieux s'y inscrit naturellement comme l'un des fleurons architecturaux d'une ville qui a su traverser les siècles avec élégance.
L'hôtel de Clézieux appartient au courant de l'architecture classique française diffusé en province au XVIIe siècle. Sa façade, rythmée par des pilastres d'ordre classique, témoigne d'une volonté d'ordonnancement géométrique et de rigueur compositionnelle héritée de l'influence parisienne. Les balcons en fer ouvragé constituent l'ornement le plus spectaculaire de l'élévation extérieure : leurs ferronneries finement travaillées, aux motifs végétaux et géométriques entremêlés, illustrent le savoir-faire des forgerons bretons du Grand Siècle. L'édifice a perdu deux éléments essentiels de sa composition originale : le toit à la Mansart, qui lui conférait une silhouette très caractéristique de l'architecture française du XVIIe siècle, et le fronton triangulaire couronné d'un cadran solaire — accessoire à la fois décoratif et pratique qui soulignait la prétention culturelle et scientifique du propriétaire. Ces disparitions modifient sensiblement la lecture de la façade, aujourd'hui tronquée dans son expression verticale. Les intérieurs constituent l'atout majeur de la demeure. Le salon d'apparat est habillé de boiseries sculptées d'époque, encadrant des peintures murales dont la facture témoigne d'un goût affirmé pour la décoration intérieure en vogue à la fin du XVIIe siècle. La grande chambre du second étage, à la fois spacieuse et ornée, révèle une distribution intérieure soignée. Les escaliers intérieurs, avec leurs rampes travaillées, participent de cette cohérence décorative qui fait de l'hôtel de Clézieux un intérieur bourgeois breton remarquablement conservé.
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Moncontour
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