Trois fontaines sacrées classées Monument Historique, nichées à Bulat-Pestivien : le Coq, la Vierge et les Sept Saints de Bretagne veillent sur ces sources encadrées de granit breton sculpté, hauts lieux de dévotion populaire.
Au cœur du Kreiz-Breizh, dans le village de Bulat-Pestivien, trois fontaines sacrées forment un ensemble votif d'une rare cohérence : la Fontaine du Coq, la Fontaine de la Vierge et la Fontaine des Sept Saints de Bretagne. Classées Monuments Historiques dès 1913, elles témoignent de la permanence des croyances celtiques et chrétiennes qui, en Bretagne, ont si souvent fusionné autour du culte de l'eau. Ces fontaines s'inscrivent dans une tradition architecturale propre aux Côtes-d'Armor et au Finistère : des édicules de granit finement ouvragés, coiffés d'un auvent ou d'une niche abritant une statue de saint, construits à proximité de sources naturelles réputées pour leurs vertus guérissantes. La Fontaine des Sept Saints de Bretagne possède une résonnance particulière, car le culte des Sept Saints fondateurs — Brieuc, Corentin, Malo, Samson, Tugdual, Patern et Paul Aurélien — est l'un des plus enracinés de toute la chrétienté bretonne. Visiter ces trois fontaines, c'est accomplir un itinéraire spirituel et sensoriel à la fois. L'eau vive qui sourd de chaque bassin, le granit gris strié de lichen doré, les ex-voto discrets déposés par des pèlerins encore fidèles à ces lieux : tout concourt à une atmosphère de recueillement rare. La végétation qui encadre les vasques, fougères et mousses d'un vert profond, achève de donner à l'ensemble une dimension presque intemporelle. Le village de Bulat-Pestivien, dont l'église paroissiale de Notre-Dame est elle-même un joyau de l'art gothique breton, offre un cadre exceptionnel à ces fontaines. L'ensemble du bourg constitue l'un des sites de pèlerinage les plus authentiques du Centre-Bretagne, préservé du tourisme de masse, et d'autant plus précieux pour qui cherche à s'immerger dans la Bretagne profonde et mystérieuse.
Les trois fontaines de Bulat-Pestivien sont construites en granite gris local, matériau omniprésent dans l'architecture religieuse des Côtes-d'Armor. Chaque fontaine suit le schéma typique des fontaines votives bretonnes : un bassin de pierre taillée recevant l'eau de source, surmonté d'une niche ou d'un édicule abritant une sculpture du saint ou de la figure tutélaire concernée, le tout coiffé d'un auvent à pignon ou d'une petite toiture en kersantite ou en ardoise. Les arcs encadrant les niches peuvent être en plein cintre ou légèrement brisés, trahissant une influence gothique tardive caractéristique de la production architecturale bretonne des XVe-XVIe siècles. La Fontaine de la Vierge présente vraisemblablement la composition la plus élaborée, avec une statue mariale en pierre polychrome ou en kersantite dans sa niche centrale, encadrée de pilastres ou de colonnettes. La Fontaine du Coq se distingue par son emblème sculpté — un coq en ronde-bosse ou en bas-relief — intégré à la composition architecturale de l'auvent. La Fontaine des Sept Saints de Bretagne est sans doute la plus monumentale des trois, sa dédicace collective ayant pu justifier un traitement plus ample, avec sept niches ou médaillons représentant chacun l'un des évêques fondateurs. Le travail de sculpture sur granite, réputé difficile en raison de la dureté du matériau, révèle le savoir-faire des tailleurs de pierre de la région, héritiers d'une tradition multiséculaire. Malgré les assauts du temps et des lichens, les détails iconographiques — drapés, nimbes, inscriptions en breton ou en latin — restent souvent lisibles, témoins d'un artisanat local d'une grande finesse.
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Bulat-Pestivien
Bretagne