Nichée dans le bourg de Saint-Nicolas-du-Pélem, cette fontaine monumentale du XVIIe siècle séduit par son portail à colonnes-balustres encadrant une niche votive, joyau de la statuaire bretonne.
Au cœur du bourg de Saint-Nicolas-du-Pélem, dans les Côtes-d'Armor, une fontaine monumentale s'impose avec discrétion au détour d'un chemin pavé. Classée parmi les monuments historiques dès 1926, elle illustre à merveille la tradition des fontaines de dévotion si caractéristique de la Bretagne intérieure, où chaque source d'eau fraîche se muait volontiers en lieu de culte et de pèlerinage. L'ouvrage se distingue par une composition architecturale soignée : un véritable portail à deux colonnes en forme de balustres précède une niche en calcaire abritant vraisemblablement une statue du saint patron, saint Nicolas, invoqué depuis des siècles pour la protection des enfants, des marins et des voyageurs. Cette mise en scène architecturale transforme la simple source en un autel à ciel ouvert, mêlant le sacré à la vie quotidienne des habitants. La visite de la fontaine offre une expérience intime et apaisante, loin de l'agitation touristique. Le silence des lieux, renforcé par le murmure de l'eau qui s'écoule dans le bassin de pierre, invite à la contemplation. Les pierres couvertes de mousses dorées et les colonnes sculptées témoignent d'un art populaire breton d'une grande cohérence esthétique, où la rigueur formelle rejoint la ferveur populaire. Le cadre environnant, typique du Kreiz-Breizh — ce cœur de Bretagne aux forêts denses et aux landes ouvertes —, amplifie le caractère mystérieux et envoûtant du lieu. Les amateurs de patrimoine vernaculaire, de photographie et de randonnée y trouveront une escale incontournable sur la route des enclos paroissiaux et des fontaines sacrées de la région.
La fontaine de Saint-Nicolas-du-Pélem adopte une composition architecturale caractéristique des fontaines de dévotion bretonnes de la période classique. L'ouvrage s'articule autour d'un portail à deux colonnes en forme de balustres — motif emprunté à l'architecture savante de la Renaissance et du classicisme français — qui encadre et met en valeur la niche votive centrale. Ce type de colonne-balustre, à la silhouette renflée et rythmée, constitue une signature stylistique précieuse permettant de situer la construction dans la seconde moitié du XVIIe siècle ou dans les premières décennies du XVIIIe siècle. La niche, abritant vraisemblablement une statue de saint Nicolas en granite ou en kersanton — cette pierre noire caractéristique de la sculpture religieuse bretonne —, est flanquée des colonnes et surmontée d'un entablement simple. Le bassin de réception de l'eau, creusé dans un bloc monolithique de granite, complète l'ensemble avec la robustesse sobre propre aux monuments ruraux armoricains. L'emploi quasi exclusif du granite local, matériau omniprésent dans le bâti du Kreiz-Breizh, assure à l'édifice une parfaite intégration dans son paysage. La facture générale révèle la main d'artisans locaux rompus aux techniques de la taille de pierre, capables d'adapter les formules décoratives de l'architecture académique à une production vernaculaire. La modénature des colonnes, bien qu'adaptée, reste lisible et confère à l'ensemble une dignité architecturale rare pour un édifice de ce type et de cette échelle.
Closed
Check seasonal opening hours
Saint-Nicolas-du-Pélem
Bretagne