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Enceinte du bois des Goislardières et enceinte dite Le Camp Romain

🏗️Monument

Au cœur de la Beauce, deux enceintes celtiques de type Viereckschanze veillent en silence depuis l'Âge du Fer : vestiges rares d'une spiritualité gauloise enfouie sous les chênes de Lanneray.

History

Dans les bois discrets qui bordent la commune de Lanneray, en Eure-et-Loir, se cachent deux des témoignages archéologiques les plus énigmatiques du Centre de la France. L'enceinte du bois des Goislardières et l'enceinte dite « Le Camp Romain » appartiennent à une famille de monuments que les archéologues nomment Viereckschanzen — terme allemand désignant ces enclos quadrangulaires aux angles surélevés, propres à la civilisation celtique de La Tène. Leur appellation populaire de « Camp Romain » illustre parfaitement la confusion séculaire qui a longtemps entouré ces sites : les paysans du Moyen Âge et de la Renaissance attribuaient volontiers à Rome ce qu'ils ne comprenaient pas. Loin des fantasmes militaires véhiculés par leur nom vernaculaire, ces deux enceintes revêtaient très probablement une dimension sacrée. Les Viereckschanzen sont en effet interprétés par la recherche contemporaine comme des enclos à vocation rituelle ou cultuelle, peut-être liés à des pratiques sacrificielles, à des dépôts votifs ou à des rassemblements saisonniers de communautés gauloises. Des puits profonds, retrouvés dans des enceintes similaires en Allemagne du Sud et en Bohême, recélaient parfois des offrandes végétales, animales ou humaines destinées aux divinités chthoniennes. La première enceinte, celle du bois des Goislardières, conserve l'intégralité de sa levée de terre périphérique, mais ses fossés ne subsistent qu'au sud-est et au nord, effacés ailleurs par des siècles d'agriculture et de sylviculture. Les angles de cette structure présentent une surélévation marquée, détail architectural caractéristique qui la rattache sans ambiguïté au corpus des Viereckschanzen européens. La seconde enceinte, le Camp Romain, est partiellement érodée à l'ouest ; son angle sud se distingue par une petite butte ceinte de fossés larges, positionnée au point le plus élevé du site, suggérant une zone de prééminence rituelle au sein de l'enclos. Ce duo de monuments inscrits aux Monuments Historiques depuis 1987 constitue une halte archéologique rare pour les amateurs de préhistoire et d'archéologie celtique. Le cadre forestier dans lequel ils se trouvent ajoute à leur atmosphère hors du temps : sous les frondaisons, les levées de terre ressurgissent du sol comme des cicatrices de mémoire, invitant à une contemplation silencieuse et à une rêverie sur les peuples Carnutes qui peuplaient cette région avant la conquête romaine.

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