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Eglise Sainte-Eulalie

Church

Joyau du roman charentais en Périgord, l'église Sainte-Eulalie de Saint-Aulaye déploie un porche à six arcs et des chapiteaux sculptés d'une rare fantaisie peuplés de monstres, d'oiseaux fantastiques et de personnages.

History

Nichée dans le bourg de Saint-Aulaye, aux confins du Périgord et de la Charente, l'église Sainte-Eulalie est l'une de ces petites merveilles romanes que le voyageur attentif découvre loin des circuits balisés. Inscrite aux Monuments Historiques depuis 1946, elle incarne avec éloquence ce courant artistique que les historiens de l'art désignent sous le nom de « roman charentais », caractérisé par la profusion décorative de ses façades et la virtuosité de ses sculpteurs anonymes. Ce qui frappe dès l'approche, c'est la façade occidentale et son porche remarquable articulé autour de six arcs en plein cintre. Portés par sept colonnes, ces arcs déploient une théorie de chapiteaux qui tiennent à la fois du bestiaire médiéval et du répertoire ornemental carolingien : entrelacs géométriques raffinés, personnages grotesques aux physionomies expressives, créatures hybrides mi-hommes mi-bêtes. Au sommet de la façade, un fronton triangulaire couronné d'une croix confère à l'ensemble une solennité toute classique, équilibrant l'exubérance sculptée qui le précède. Le clocher carré, posé à la croisée du transept selon un dispositif fréquent dans l'architecture romane saintongeaise et périgourdine, domine le bourg avec une austère majesté. À l'intérieur, le chœur roman constitue le second foyer d'émerveillement : deux colonnes formant six arcs encadrent l'abside et offrent un second programme sculpté d'une grande densité iconographique. Combats de monstres, oiseaux fantastiques aux plumages imaginaires, personnages en lutte ou en prière, entrelacs finement ciselés — le lapidaire de Sainte-Eulalie constitue un véritable manuel d'images médiévales. La visite de cette église s'adresse aussi bien au passionné d'art roman qu'au promeneur curieux. La lumière douce du Périgord, filtrée par les baies romanes sobrement vitrées, nimbe les pierres calcaires d'une teinte miel qui varie selon les heures. Prendre le temps de s'attarder sur chaque chapiteau, de décrypter les scènes sculptées comme autant de rébus iconographiques, est une expérience de contemplation rare que le tourisme de masse n'a pas encore effleurée.

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