Nichée à Stival près de Pontivy, cette chapelle bretonne du XVIe siècle recèle des vitraux de 1552 et de mystérieuses peintures murales médiévales dédiées à saint Mériadec, évêque légendaire et guérisseur.
Au cœur du Morbihan, à quelques kilomètres de Pontivy, la chapelle Saint-Mériadec-de-Stival se dresse dans un écrin de verdure typiquement breton, loin du tumulte touristique de masse. Ce sanctuaire de granit gris, dont les proportions élancées témoignent du savoir-faire des maîtres maçons bretons de la fin du Moyen Âge, séduit immédiatement par la qualité de ses façades et la délicatesse de ses grandes baies ornées de réseaux flamboyants. Ce qui rend cette chapelle véritablement unique, c'est la densité de son patrimoine intérieur. Les vitraux du bras sud du transept, exécutés en 1552, offrent un tableau chromatique d'une intensité rare, irriguant la nef d'une lumière colorée qui sublime les volumes intérieurs. Mais c'est surtout dans le chœur que le visiteur découvre un trésor insoupçonné : des peintures murales figurant la vie de saint Mériadec sur deux registres superposés, dont le traitement des personnages, hiératique et frontal, renoue avec la grande tradition iconographique médiévale du XVe siècle. La visite réserve également un objet d'exception : la clochette dite « Bonnet de Saint-Mériadec », relique datée des Xe-XIIe siècles, dont on posait jadis le métal sur la tête des sourds en espérant leur guérison. Cet objet liturgique rare, à la croisée du culte populaire et de la foi savante, incarne à lui seul la continuité spirituelle du lieu sur plus d'un millénaire. Le cadre de Stival contribue à l'envoûtement : entourée d'arbres anciens et d'une campagne morbihannaise tranquille, la chapelle invite à la contemplation autant qu'à l'exploration architecturale. Photographes, historiens de l'art et simples promeneurs y trouvent matière à émerveillement, dans une atmosphère préservée que les siècles ont peu entamée.
La chapelle Saint-Mériadec-de-Stival adopte un plan en croix latine avec chevet plat, forme classique de l'architecture religieuse bretonne de la fin du Moyen Âge, alliant rigueur liturgique et sobriété formelle. L'ensemble est entièrement édifié en granit, matériau noble et immuable qui confère aux façades cette teinte grise argentée caractéristique des sanctuaires morbihannais. L'élévation extérieure se distingue par ses grandes verrières à réseaux flamboyants, qui percent généreusement les murs et inondent l'intérieur d'une lumière changeante au fil des heures. Les façades, traitées dans le style de la fin du XVe et du début du XVIe siècle, témoignent d'une maîtrise certaine du vocabulaire gothique tardif, avec contreforts soignés et moulures finement taillées. À l'intérieur, l'espace se déploie avec une clarté propice au recueillement. Le bras sud du transept abrite les précieux vitraux de 1552, dont les couleurs profondes — bleus de cobalt, rouges sang-de-bœuf, jaunes d'ambre — composent des tableaux hagiographiques d'une belle tenue formelle. Dans le chœur, les peintures murales narrant la vie de saint Mériadec constituent l'ornement le plus singulier du monument : disposées sur deux registres superposés et groupées par quatre scènes, elles illustrent avec une expressivité archaïsante et touchante les épisodes majeurs de l'existence du saint évêque. La clochette dite « Bonnet de Saint-Mériadec », datée des Xe-XIIe siècles, est conservée dans la chapelle : objet liturgique rarissime, elle rappelle que ce lieu fut bien plus qu'un simple sanctuaire, mais le foyer vivant d'un culte thérapeutique populaire enraciné dans la Bretagne profonde.
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