Sobre et majestueuse, l'église Saint-Gildas d'Auray déploie une architecture baroque bretonne du XVIIe siècle, couronnée d'un remarquable retable du maître-autel signé Olivier Martinet, joyau de la statuaire lavalloise.
Au cœur d'Auray, ville portuaire du Morbihan marquée par l'histoire et la ferveur catholique, l'église Saint-Gildas s'impose comme l'une des plus belles réalisations religieuses du XVIIe siècle en Bretagne intérieure. Classée Monument Historique depuis 1995, elle incarne avec élégance ce moment singulier où l'architecture religieuse bretonne s'ouvre aux influences de la Contre-Réforme, conjuguant sobriété locale et élans baroques venus du continent. Ce qui distingue Saint-Gildas d'une simple église paroissiale, c'est avant tout la cohérence de son ensemble. Conçue d'un seul souffle sur plusieurs décennies par des maîtres d'œuvre venus de régions différentes — l'architecte malouin Gilles Monsay, le sculpteur lavallois Olivier Martinet —, elle témoigne d'une véritable ambition artistique portée par la communauté auréenne du Grand Siècle. Ses trois pignons datés de 1636 et son clocher refait au XIXe siècle lui composent une silhouette à la fois familière et singulière dans le paysage urbain. À l'intérieur, le regard est immédiatement capté par le retable du maître-autel, érigé en 1657 : une composition sculptée d'une grande maîtrise, où colonnes torsadées, niches habitées de saints et entablements richement moulurés se déploient dans une mise en scène théâtrale typique du baroque français de province. La lumière filtrée par les fenêtres latérales accentue le relief des sculptures et confère à la nef une atmosphère recueillie et dorée. Visiter Saint-Gildas, c'est aussi s'inscrire dans un territoire chargé de spiritualité : Auray est la porte d'entrée du pèlerinage de Sainte-Anne-d'Auray, l'un des plus importants de France. L'église paroissiale en est l'écho urbain, le lieu où la foi quotidienne des habitants rencontre la grande histoire religieuse de la Bretagne. Un monument à ne pas manquer pour quiconque s'intéresse à l'art sacré français du XVIIe siècle.
L'église Saint-Gildas présente un plan longitudinal caractéristique des édifices paroissiaux bretons du XVIIe siècle, avec une nef principale, des bas-côtés et un chœur orienté. La façade extérieure, rythmée par ses trois pignons datés 1636, affiche une sobriété toute bretonne : la pierre de taille grise du pays, taillée avec soin, compose des élévations lisses que viennent animer des encadrements moulurés de fenêtres et des cordons de pierre soulignant les niveaux. Le clocher, reconstruit en 1832, adopte un profil néo-classique discret qui s'accorde sans heurt avec la rigueur du XVIIe siècle. À l'intérieur, l'espace se déploie dans une belle unité de matériaux et de proportions. La pierre locale, non couverte d'enduits, confère aux murs une présence minérale austère que tempèrent les voûtes en berceau légèrement surbaissées et les fenêtres hautes diffusant une lumière douce. Le mobilier liturgique constitue l'essentiel de l'intérêt décoratif : le retable du maître-autel (1657) d'Olivier Martinet en est la pièce maîtresse absolue. Organisé sur deux registres superposés, il associe colonnes à chapiteaux corinthiens, niches à coquille abritant des statues de saints, entablements à métopes sculptées et fronton brisé sommital, le tout traité dans une pierre finement ciselée. Ce programme iconographique et formel correspond aux recommandations du concile de Trente : glorifier Dieu et instruire le fidèle par l'image.
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