Fondée en 1420 par le duc de Bretagne Jean V, Notre-Dame-de-la-Cour à Lantic conserve deux verrières gothiques du XVe siècle et une croix de calvaire baroque, témoins d'un destin marqué par les flammes et la renaissance.
Nichée dans le bourg de Lantic, aux confins des Côtes-d'Armor, l'église Notre-Dame-de-la-Cour s'impose comme l'un des édifices religieux les plus attachants de la Bretagne intérieure. Monument classé depuis 1907, elle réunit en un seul lieu plusieurs strates de l'histoire bretonne : l'ambition ducale du XVe siècle, les reconstructions de la Renaissance et les cicatrices d'un incendie dévastateur du XIXe siècle. Ce qui rend Notre-Dame-de-la-Cour véritablement singulière, c'est la coexistence de ses deux verrières gothiques d'origine, rescapées des aléas du temps, et d'un plan architectural recomposé au fil des siècles. L'édifice n'est pas un monument figé dans une seule époque : il est la somme vivante de reconstructions successives, chacune portant la marque de son temps, depuis les premières pierres posées sur ordre de Jean V jusqu'au clocher campanile érigé après l'effondrement de l'ancien. La visite offre une expérience intime et recueillie. L'intérieur, sobre comme il sied aux édifices bretons, laisse toute leur puissance aux verrières gothiques dont les couleurs vives tranchent avec la pierre grise des murs. La croix de calvaire dressée à proximité, sculptée au XVIIe siècle dans la tradition des enclos paroissiaux, invite à une contemplation sereine dans ce bourg rural préservé. Le cadre de Lantic, village paisible entre Paimpol et Saint-Brieuc, renforce le charme de la visite. Les alentours verdoyants, typiques de l'arrière-pays breton, font de Notre-Dame-de-la-Cour une halte idéale pour qui chemine sur les routes du patrimoine des Côtes-d'Armor, loin des foules et des circuits touristiques balisés.
Notre-Dame-de-la-Cour présente une architecture composite, fruit de plusieurs campagnes de construction étalées du XVe au XIXe siècle. Le parti gothique des origines se lit encore dans les parties basses de l'édifice, construites en granite armoricain, matériau de prédilection des bâtisseurs bretons pour sa robustesse et sa disponibilité locale. La nef, reconstruite au XVIe siècle sur un plan différent de celui initialement prévu, introduit une légère inflexion dans la logique spatiale de l'ensemble, sans rompre toutefois avec la sobriété caractéristique des édifices religieux ruraux de Bretagne. L'intérieur se distingue avant tout par ses deux verrières gothiques du XVe siècle, joyaux de l'édifice. Ces vitraux, d'une iconographie typiquement mariale et hagiographique, baignent la pierre grise d'une lumière colorée qui confère à l'espace une atmosphère de recueillement médiéval remarquablement préservée. Le berceau lambrissé qui ornait jadis la nef et le collatéral sud, détruit par l'incendie de 1874, n'est plus visible, mais sa disparition rappelle combien la charpente ouvragée jouait un rôle esthétique et acoustique essentiel dans ces espaces. À l'extérieur, la croix de calvaire du XVIIe siècle, sculptée dans le granite selon les canons de la statuaire bretonne baroque, complète l'ensemble avec une présence monumentale sobre. Le clocher campanile moderne, reconstruit après l'effondrement de l'ancien, adopte une silhouette aérienne qui tranche volontairement avec la masse compacte du corps de l'église, signalant au loin la présence du sanctuaire dans le paysage bocager lantiquais.
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Lantic
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