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Domaine de la Bourdaisière

🏰Castle

Nid d'amour d'Henri IV et Gabrielle d'Estrées, la Bourdaisière conjugue tours Renaissance rescapées, élégance Restauration et jardins dessinés par Édouard André — royaume secret de la rose et de la tomate ancienne.

History

Perché sur les coteaux de Montlouis-sur-Loire, le domaine de la Bourdaisière tisse sept siècles d'histoire en un seul regard : tours de tuffeau vêtues de lierre, communs à l'ordonnance classique, douves enjambées par un pont de pierre, et un parc dont les frondaisons cachent le plus important conservatoire de tomates anciennes de France. Ce n'est pas un château-musée figé dans ses ors ; c'est un lieu vivant, respirant, où le passé se mêle au parfum des roseraies. Ce qui rend la Bourdaisière véritablement unique, c'est cette superposition lisible de strates architecturales : l'aile nord conserve trois corps de bâtiment du XVIe siècle quasiment intacts, tandis que le corps principal, refait sous la Restauration, affiche une sobriété néoclassique qui dialogue sans heurt avec ses voisines Renaissance. La chapelle rupestre, creusée à même le rocher à l'ouest de la terrasse, ajoute une touche de mystère quasi médiéval à l'ensemble. L'expérience de visite est à la hauteur de ce décor foisonnant. On franchit d'abord la porte monumentale à colonnade et fronton, seuil solennel qui annonce le parc dessiné par Édouard André et son fils René-Édouard, deux noms incontournables du paysagisme français de la Belle Époque. Les allées se déploient entre collections de rosiers anciens et potagers conservatoires, invitant à une déambulation au gré des saisons. Le cadre est celui de la Touraine profonde : vignes en terrasses, vue sur la Loire à quelques encablures, lumière dorée des après-midis d'été qui baigne le tuffeau d'une teinte presque irréelle. La Bourdaisière n'est pas qu'un monument — c'est une atmosphère, une invitation à ralentir dans l'un des plus beaux jardins de la région.

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