Nichée dans le Morbihan, cette chapelle bretonne du XVIe siècle dévoile une porte géminée en anse de panier d'une rare élégance et de précieux fragments de vitraux Renaissance représentant l'Annonciation.
Au cœur de la campagne morbihannaise, la chapelle Saint-Mélèc de Tréganteur s'impose comme l'un de ces joyaux discrets que la Bretagne sait si bien dissimuler dans ses bocages. Classée monument historique depuis 1925, elle témoigne de la ferveur religieuse qui, au XVIe siècle, multipliait les édifices de dévotion sur cette terre de saints et de pardons. Son plan en croix latine, sa nef à bas-côtés et son chœur polygonal composent une silhouette sobre et équilibrée, typique de l'architecture sacrée bretonne de la Renaissance. Ce qui distingue immédiatement Saint-Mélèc de Tréganteur, c'est la qualité remarquable de son portail occidental : une porte géminée en anse de panier dont les accolades foisonnent de fleurons et de crochets sculptés avec une virtuosité qui rivalise avec les grandes chapelles du Morbihan. Ce travail de dentelle de granit, caractéristique du gothique flamboyant tardif, révèle la main de tailleurs de pierre au savoir-faire exceptionnel, probablement formés dans les grands chantiers cathédraux de l'époque. À l'intérieur, les piliers cylindriques octogonaux séparent la nef de ses bas-côtés dans un rythme mesuré qui invite au recueillement. Mais c'est vers les fenêtres que le regard est irrésistiblement attiré : les fragments de vitraux du XVIe siècle qui subsistent — une Annonciation, une Vierge au pied de la Croix entourée de Saint Jean et Saint Pierre — constituent un témoignage exceptionnel de l'art verrier breton de la Renaissance, dont si peu d'exemples ont survécu aux siècles et aux guerres de Religion. La visite de cette chapelle offre une expérience de dépouillement et d'authenticité rare. Loin des circuits touristiques balisés, Saint-Mélèc de Tréganteur se laisse découvrir dans le silence d'un paysage agricole intact, entourée de vieux arbres et de murets de schiste. C'est ici que l'amateur de patrimoine non formaté trouvera une émotion architecturale d'autant plus intense qu'elle n'est pas mise en scène.
La chapelle Saint-Mélèc de Tréganteur adopte un plan en croix latine, schéma canonique de l'architecture sacrée médiévale, que les remaniements successifs ont quelque peu altéré sans en effacer la lisibilité. La nef centrale, flanquée de deux bas-côtés, s'articule grâce à des arcades portées par des piliers cylindriques à section octogonale — détail caractéristique des ateliers bretons du XVIe siècle, qui associent la robustesse du fût cylindrique à la sophistication géométrique du profil à huit pans. Le chœur se referme en abside polygonale, solution élégante qui diffuse une lumière douce et orientée sur l'espace liturgique principal. L'élément le plus remarquable de l'extérieur demeure le portail occidental, véritable manifeste du gothique flamboyant tardif breton. La porte géminée en anse de panier — deux ouvertures réunies sous un arc surbaissé — est surmontée d'accolades d'une richesse sculpturale exceptionnelle, entièrement recouvertes de fleurons épanouis et de crochets en spirale. Cette débauche d'ornements végétalisés, taillée dans un granit gris-bleu caractéristique du Morbihan, témoigne d'une maîtrise technique et d'une inventivité décorative qui placent ce portail parmi les plus beaux exemples de son type dans le département. À l'intérieur, les fragments de vitraux du XVIe siècle constituent le trésor iconographique majeur de la chapelle. Les scènes conservées — une Annonciation et une composition réunissant la Vierge au pied de la Croix, Saint Jean et Saint Pierre — révèlent un chromatisme intense, dominé par les bleus et les rouges profonds caractéristiques des ateliers verriers bretons de la Renaissance. Le transept, dont l'épaisseur a été doublée lors d'une campagne ultérieure, présente une maçonnerie hétérogène qui trahit visuellement l'histoire mouvementée de l'édifice.
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