
Château de Cerqueux
Au cœur du Loir-et-Cher, le château de Cerqueux déploie ses façades classiques encadrées de pavillons en avancée, ses balcons en fer forgé Louis XV et ses intérieurs entièrement habillés de boiseries raffinées.

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History
Dissimulé dans la douceur bocagère du Loir-et-Cher, à Josnes, le château de Cerqueux est l'un de ces manoirs de noblesse provinciale qui incarnent avec discrétion l'art de vivre à la française des XVIIe et XVIIIe siècles. Loin des monumentales résidences royales du Val de Loire, il offre une élégance plus intime, presque confidentielle, que l'on découvre au fil d'une cour encadrée par les vestiges d'anciennes douves. Ce qui distingue Cerqueux, c'est avant tout la cohérence de son parti architectural : deux pavillons en avancée flanquent le corps central, leurs toits s'imbriquant dans une pénétration harmonieuse, tandis que deux ailes basses en retour perpendiculaire structurent la cour d'honneur. Sur la façade opposée, côté parc, deux petites tours carrées entièrement saillantes encadrent la composition avec une rigueur toute classique, prolongées par des dépendances dont l'une servait autrefois d'orangerie. L'intérieur mérite autant d'attention que les façades : chaque pièce du corps de logis est revêtue de boiseries d'époque Louis XV, ces lambris sculptés qui constituent l'un des traitements décoratifs les plus caractéristiques du XVIIIe siècle français. Panneaux chantournés, dessus-de-porte moulurés et trumeaux soigneusement agencés créent une atmosphère feutrée et aristocratique d'une grande authenticité. Le domaine tire son charme supplémentaire de son environnement naturel. Le parc, tracé à l'anglaise dans le goût du XVIIIe siècle, offre aux promeneurs l'alternance de masses boisées et de dégagements sur les façades du château, permettant des perspectives photographiques particulièrement saisissantes aux heures dorées du matin ou en fin d'après-midi. Les douves, même asséchées, rappellent les origines seigneuriales du lieu et soulignent la majesté discrète de l'ensemble. Protégé au titre des Monuments Historiques depuis 1975, le château de Cerqueux constitue une étape précieuse pour quiconque souhaite explorer le patrimoine châtelain du Loir-et-Cher au-delà des sentiers battus, loin des foules de Chambord ou de Cheverny, dans une atmosphère de château habité et vivant.
Architecture
Le château de Cerqueux présente une composition classique en U caractéristique de l'architecture résidentielle française des XVIIe et XVIIIe siècles. Le corps de logis principal est flanqué de deux pavillons en avancée dont les toitures s'imbriquent dans celle du bâtiment central en une pénétration de combles habilement résolue, créant une silhouette unifiée et reconnaissable. Ce corps central est prolongé de chaque côté par deux ailes en retour perpendiculaire, légèrement plus basses, qui définissent la cour d'honneur autrefois entourée de douves. Un grand perron à huit marches, sobre et monumental, constitue l'accès cérémoniel principal côté cour. Les deux façades — cour et parc — sont rythmées par des frontons centraux du XVIIIe siècle et ornées de balcons en fer forgé de style Louis XV aux courbes élégantes et caractéristiques du rocaille provincial. Côté parc, la composition gagne en ampleur : la façade du corps central s'étire davantage et se voit encadrée de deux petites tours carrées entièrement saillantes, motif architectural qui confère à l'élévation une dimension quasi-défensive rappelant les logis nobles de la Renaissance tardive. Des dépendances en alignement, dont une orangerie à l'aile orientale, complètent l'ensemble du côté du jardin, témoignant d'une organisation rationnelle des activités du domaine. Les intérieurs constituent la grande richesse de Cerqueux : l'ensemble des pièces du corps de logis est revêtu de boiseries du XVIIIe siècle, le plus souvent de style Louis XV. Ces lambris sculptés, avec leurs panneaux chantournés, leurs corniches moulurées et leurs encadrements de portes et de fenêtres travaillés, forment un décor d'une cohérence et d'une qualité remarquables pour une demeure de cette importance. L'entablement à grosse doucine visible en façade constitue, quant à lui, un détail architectural précieux permettant de dater la première campagne de construction au plus tard à la fin du XVIIe siècle.


