Ancienne demeure de Pierre Landais, trésorier du Duché de Bretagne, le château du Bois-Cornillé fascine par sa Tour Goyon médiévale et ses fastueux jardins signés Denis Bühler et Édouard André.
Niché dans le bocage d'Ille-et-Vilaine, le château du Bois-Cornillé est l'une de ces demeures bretonnes qui portent en elles plusieurs siècles d'histoire superposée. Sa silhouette néo-gothique, née de la vision audacieuse de la famille de Kernier à la fin du XIXe siècle, dissimule un cœur médiéval que trahit la robuste Tour Goyon, seul vestige authentique de la forteresse du XVe siècle. Ce qui rend le Bois-Cornillé véritablement singulier, c'est cette tension savante entre deux temporalités : d'un côté, la rudesse des moellons de grès de la tour médiévale, de l'autre, le raffinement ostentatoire d'un château remanié dans un style néo-gothique essentiellement décoratif, pensé davantage pour séduire que pour défendre. Les architectes Jules et Henri Mellet ont ici composé une architecture de désir, une ode romantique au Moyen Âge que le XIXe siècle affectionnait tant. L'expérience de visite dépasse largement les seuls murs du château. Le parc à l'anglaise, dessiné en 1876 par Denis Bühler — le paysagiste qui réalisa aussi le parc Borély à Marseille et le parc de la Tête-d'Or à Lyon —, déroule ses vues savamment composées, ses masses végétales ondoyantes et ses perspectives qui invitent à la flânerie contemplative. À ses côtés, le jardin classique créé en 1902 par Édouard André introduit une rigueur géométrique d'un demi-hectare qui contraste élégamment avec la liberté romantique du parc anglais. Le château du Bois-Cornillé s'adresse autant aux passionnés d'architecture qu'aux amoureux des jardins historiques. Il offre une leçon vivante sur les grandes tendances du goût français au tournant des XIXe et XXe siècles, où l'art des jardins paysagers atteignait son apogée sous la plume des plus grands noms de la discipline. Photographes et aquarellistes y trouveront des cadrages saisissants à toute heure de la journée, notamment en automne lorsque le parc s'embrase de couleurs cuivrées.
Le château du Bois-Cornillé présente une architecture duale, fruit de deux grandes campagnes de construction séparées par quatre siècles. De l'édifice médiéval du XVe siècle ne subsiste qu'un seul élément visible en façade principale : la Tour Goyon, massive et austère, élevée en moellons de grès local. Ses appareillages irréguliers, ses murs épais et son profil trapu contrastent délibérément avec le reste de l'édifice, lui conférant une authenticité brute qui ancre l'ensemble dans l'histoire bretonne. Le corps principal du château, tel qu'on le voit aujourd'hui, est le résultat de la campagne de travaux menée de 1883 à 1887 par Jules et Henri Mellet. Ces architectes ont habillé l'édifice d'un vocabulaire néo-gothique décoratif : lucarnes sculptées, toitures à forte pente, tourelles d'angle, fenêtres à meneaux et parements soignés composent une silhouette romantique typique du goût historiciste de la fin du XIXe siècle. Les matériaux employés, pierre de taille et enduits travaillés, sont mis en valeur par un jeu de volumes hiérarchisés qui dessine une ligne de toiture animée et pittoresque. L'ensemble paysager constitue un volet architectural à part entière. Le parc à l'anglaise de Bühler, avec ses allées sinueuses, ses arbres de haute futaie et ses vues aménagées sur le château, forme un écrin végétal d'une grande sophistication. Le jardin classique d'Édouard André, structuré selon une géométrie rigoureuse, introduit parterres et perspectives ordonnées, créant un dialogue subtil entre ordre français et liberté romantique au sein d'un même domaine.
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