
Ancienne chapelle du Genêt
Nichée dans le bocage tourangeau, cette chapelle gothique flamboyante du XVe siècle dévoile des voûtes à croisées d'ogives prismatiques d'une rare élégance, témoignage silencieux d'une dévotion médiévale préservée.

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History
Au cœur de la Touraine méridionale, à La Celle-Guenand, se dresse l'ancienne chapelle du Genêt, petit édifice gothique d'une sobriété touchante que le temps a épargné dans ses grandes lignes. Inscrite aux Monuments Historiques depuis 1971, elle appartient à cette catégorie de chapelles rurales du XVe siècle qui, loin de la grandeur des cathédrales, révèlent l'excellence du savoir-faire des tailleurs de pierre tourangeaux dans des espaces intimistes. Ce qui rend la chapelle du Genêt véritablement singulière, c'est la qualité de ses voûtes sur croisées d'ogives à moulures prismatiques, caractéristique du gothique tardif qui privilégie les nervures aux arêtes vives plutôt que les tores arrondis. Les culs-de-lampe ornés qui reçoivent ces nervures témoignent d'un programme décoratif soigné, sans ostentation, propre aux édifices de dévotion seigneuriale ou paroissiale de la région Ligérienne à la fin du Moyen Âge. L'expérience de visite est celle d'un face-à-face intime avec le Moyen Âge. L'accès par la porte nord, dont l'accolade a disparu ne laissant que la trace de son fleuron, est en soi une leçon d'histoire : ce détail lacunaire dit autant sur les vicissitudes révolutionnaires que sur la beauté originelle du portail. L'intérieur, divisé en deux travées, enveloppe le visiteur dans un espace mesuré où chaque pierre porte la mémoire d'artisans anonymes. Le chevet plat, percé d'une fenêtre au réseau flamboyant partiellement mutilé, donne sur un paysage de bocage doux. La lumière qui filtre à travers cette baie, même lacunaire, confère à la nef une atmosphère mélancolique et lumineuse à la fois. Photographes en quête de textures et d'ombres gothiques, amateurs de patrimoine rural authentique et promeneurs attirés par les chemins oubliés de la Touraine trouveront ici une halte d'une rare sincérité architecturale.
Architecture
La chapelle du Genêt appartient au vocabulaire gothique flamboyant de la fin du XVe siècle, tel qu'il se pratiquait dans les ateliers tourangeaux et poitevins de l'époque. De plan simple — une nef rectangulaire à chevet plat — elle illustre parfaitement le type de la chapelle rurale de fondation privée ou seigneuriale, sans transept ni déambulatoire, conçue pour un usage liturgique restreint. L'élément architecturalement le plus remarquable est le système de couverture intérieur : deux travées de voûtes sur croisées d'ogives à moulures prismatiques, dont les nervures aux angles vifs caractérisent le gothique tardif. Ces nervures retombent sur des culs-de-lampe sculptés qui ornent les murs de la nef, petits chapiteaux en console qui témoignent d'un programme iconographique ou décoratif aujourd'hui difficile à restituer dans son intégralité. L'accès se fait au nord par un portail dont l'accolade — élément décoratif typiquement flamboyant formant un arc brisé en accolade au-dessus du linteau — a disparu, ne laissant que la trace en négatif de son fleuron terminal. Le chevet plat, solution plus économique et fréquente dans les édifices ruraux du Centre-Ouest français, est percé d'une fenêtre à réseau flamboyant partiellement détruit. Ce réseau, caractérisé par ses mouchettes et soufflets en pierre découpée, apportait à l'intérieur une lumière filtrée et symbolique. Les matériaux employés sont ceux du terroir local : calcaire tuffeau ou calcaire du Jurassique, typiques des constructions médiévales de Touraine meridionale, alliant résistance et facilité de taille.


