
Ancien prieuré de Saint-Martin-de-Vertou, dit Maison du Bailli
Ancienne dépendance priorale du XIVe-XVe siècle, cette Maison du Bailli à Châtillon-sur-Indre séduit par sa tourelle d'escalier à cinq pans et ses rares peintures murales végétales médiévales.

© Wikimedia Commons / Wikipedia
History
Nichée dans le hameau de Saint-Martin-de-Vertou, aux portes de Châtillon-sur-Indre, la Maison du Bailli est l'un de ces édifices discrets qui condensent plusieurs siècles d'histoire monastique et seigneuriale de la Touraine méridionale. Son volume sobre — un bâtiment rectangulaire à deux pignons — ne laisse d'abord deviner qu'une architecture fonctionnelle, celle d'un prieuré de campagne destiné à administrer les terres d'une abbaye puissante. Mais l'œil attentif découvre vite les raffinements qu'y ont introduits les moines et les clercs qui s'y succédèrent. Ce qui rend ce monument singulier, c'est précisément la superposition de ses strates temporelles. La tourelle d'escalier à cinq pans accolée à la façade est constitue un élément architectural relativement rare pour une dépendance priorale de cette envergure en Berry : sa forme polygonale, soigneusement appareillée, témoigne d'un souci esthétique dépassant la simple nécessité utilitaire. Elle évoque les manoirs nobiliaires qui fleurissent dans la vallée de l'Indre à la même époque, au tournant des XVe et XVIe siècles. À l'intérieur, une pièce du premier étage conserve des vestiges de peintures murales à motifs végétaux — rinceaux, feuillages stylisés — datant probablement du XVIe ou du début du XVIIe siècle. Fragiles et partiels, ces décors peints sont pourtant d'une grande valeur documentaire : ils rappellent que ce bâtiment ne fut pas seulement un lieu de gestion agricole, mais aussi un espace de vie où l'on cultivait une certaine idée du beau. Le cadre environnant participe à la qualité de l'expérience. Le hameau de Saint-Martin-de-Vertou, calme et préservé, offre un écrin champêtre typique du bocage indrien, entre prairies douces et horizons boisés. Pour le visiteur passionné d'architecture médiévale ou de patrimoine monastique, cette halte constitue un complément idéal à la découverte du château de Châtillon-sur-Indre, dont les vestiges médiévaux se dressent à quelques kilomètres.
Architecture
La Maison du Bailli se présente comme un bâtiment rectangulaire à deux pignons, d'une sobriété caractéristique de l'architecture priorale du XVe siècle en Berry. Les volumes sont massifs et fonctionnels, sans saillies excessives, dans la tradition des édifices monastiques ruraux qui devaient allier solidité, praticité et discrétion. Les matériaux employés sont ceux de la région : la pierre calcaire locale, légèrement dorée selon l'exposition, et probablement des tuiles plates ou des ardoises pour la couverture, conformément aux usages de la Touraine méridionale et du Berry septentrional. L'élément architectural le plus remarquable est la tourelle d'escalier à cinq pans accolée à la façade est. Ce type de tourelle polygonale, qui dessert les étages par un escalier en vis, est un trait distinctif de l'architecture civile et monastique de la fin du Moyen Âge et du début de la Renaissance dans la vallée de l'Indre. Sa forme pentagonale lui confère une présence affirmée sur la façade et une légèreté visuelle que n'aurait pas eue une tour carrée. Elle constitue à la fois un élément de prestige et un dispositif pratique. À l'intérieur, le premier étage recèle un décor peint d'une grande qualité documentaire : des peintures murales à motifs végétaux — probablement des rinceaux, des entrelacs de feuillages ou des frisages floraux — datées du XVIe ou du XVIIe siècle. Ces vestiges, bien que partiels, illustrent la diffusion des modes décoratives renaissantes dans les édifices secondaires du Val de Loire et témoignent du soin apporté à l'aménagement intérieur de cette demeure priorale.


