Ancien Evêché - Ancien Hôtel de ville
Ancien palais des évêques de Sarlat, cet édifice gothique et Renaissance a traversé les siècles pour devenir hôtel de ville, théâtre, marché… puis écrin du tourisme périgourdin.
History
Au cœur de Sarlat-la-Canéda, l'un des centres médiévaux les mieux préservés de France, l'ancien Évêché se dresse comme un témoin silencieux de sept siècles d'histoire institutionnelle et urbaine. Sa façade nord, couronnée d'une élégante loggia, dialogue avec les toits en lauze caractéristiques du Périgord Noir, tandis que ses volumes composites trahissent une longue et riche biographie architecturale. Ce qui rend l'édifice véritablement singulier, c'est sa remarquable capacité à avoir incarné successivement toutes les grandes fonctions du pouvoir : pouvoir spirituel sous les évêques, pouvoir civil sous la Révolution, pouvoir culturel avec son théâtre à l'italienne, et désormais pouvoir de l'accueil avec l'office du tourisme. Peu de monuments en France condensent autant de vies en un seul bâtiment. Visiter l'ancien Évêché, c'est d'abord s'imprégner de l'atmosphère de la vieille ville sarladaise, dont il constitue l'un des jalons essentiels. Les salles d'exposition qu'il abrite aujourd'hui permettent de pénétrer dans des intérieurs qui mêlent appareillages médiévaux, moulures Renaissance et adjonctions des XVIIe et XVIIIe siècles avec une cohérence surprenante. Le cadre est idéal pour les amateurs de patrimoine souhaitant comprendre comment une ville épiscopale se construit et évolue. En remontant la rue de la République ou en débouchant de la cathédrale Saint-Sacerdos voisine, l'édifice s'offre dans sa pleine complexité, à la croisée du sacré et du profane, de l'ancien et du recomposé.
Architecture
L'ancien Évêché de Sarlat présente une architecture composite, fruit de plusieurs campagnes de construction s'étalant du XVe au XVIIIe siècle. On y perçoit d'abord les fondations gothiques du logis abbatial primitif, auxquelles s'adosse la tour d'escalier polygonale de la seconde moitié du XVe siècle, élément typique de la production architecturale périgordine de cette période. Les maçonneries en calcaire blond du Sarladais, sobres et robustes, impriment à l'ensemble cette tonalité chaude et minérale qui caractérise tout le centre historique de la ville. Les campagnes Renaissance de la fin du XVe et du début du XVIe siècle ont introduit des fenêtres à meneaux, des encadrements moulurés et des détails décoratifs discrets qui témoignent d'une sensibilité nouvelle aux formes venues d'Italie, sans pour autant rompre avec la tradition constructive locale. L'agrandissement de la fin du XVIIe siècle a ajouté des volumes aux proportions plus classiques, avec des ouvertures régulièrement rythmées et des corniches soulignant la horizontalité des élévations. L'élément le plus tardif et le plus spectaculaire reste la loggia qui couronne la façade nord, ajoutée au tournant du XXe siècle lors de l'aménagement du théâtre. Cet appendice à arcades, inhabituel pour un édifice de cette nature et de cette époque, crée un contraste saisissant avec les assises médiévales inférieures, illustrant à lui seul le destin pluriel du bâtiment. L'intérieur conserve des traces de chacune de ces périodes : voûtes en berceau, planchers anciens et salles aux proportions variables qui rendent la visite particulièrement instructive pour qui s'intéresse à l'évolution des usages et des techniques du bâtiment.


