Niché dans le bocage angevin, le château de Montriou mêle tour médiévale du XVe siècle et élégant corps de logis néogothique du XIXe, le tout enveloppé d'un parc romantique aux frondaisons séculaires.
Au cœur de la commune de Feneu, à quelques lieues d'Angers, le château de Montriou se dresse comme l'un de ces manoirs angevins qui conjuguent avec grâce la robustesse du Moyen Âge tardif et la sensibilité romantique du XIXe siècle. Classé Monument Historique depuis 1964, il témoigne de la richesse patrimoniale d'un Maine-et-Loire que l'on associe trop souvent aux seules splendeurs du château d'Angers ou du Brissac. Ce qui rend Montriou singulier, c'est précisément cette superposition de deux âmes architecturales. La tour médiévale, trapue et fière, rappelle l'ancienne vocation défensive du lieu, quand le logis du siècle suivant y ajoute la grâce des fenêtres à meneaux, les toitures en ardoise d'Anjou aux épis de faîtage ciselés, et la légèreté ornementale propre aux campagnes ligériennes. Le XIXe siècle, loin de trahir ces fondations, les a sublimées en un langage néogothique alors très en vogue parmi la noblesse de province soucieuse de magnifier ses terres. Le parc qui ceinture la demeure constitue un écrin à part entière. Aménagé dans l'esprit des jardins anglais romantiques, il déploie ses pelouses doucement inclinées, ses massifs d'arbres centenaires — chênes, hêtres pourpres, séquoias — et ses perspectives calculées qui encadrent toujours le château comme un tableau. Quelques pièces d'eau viennent miroiter sous la lumière douce du Val d'Anjou, ajoutant à l'ensemble une atmosphère de sérénité aristocratique. Visiter Montriou, c'est s'immerger dans un temps suspendu où l'histoire de France s'incarne dans la pierre grise et l'ardoise bleue, deux matériaux emblématiques du bâti angevin. Les passionnés d'architecture médiévale et de romantisme du XIXe siècle y trouveront une synthèse rare et précieuse, loin des foules qui se pressent vers les grands châteaux de la Loire.
Le château de Montriou présente une composition architecturale en deux temps clairement lisibles. Le premier, médiéval, se manifeste dans une tour d'angle à base quadrangulaire, aux murs épais de tuffeau et de schiste local, percés de rares ouvertures défensives. Cette tour, datant du XVe siècle, affiche les caractéristiques typiques de l'architecture militaire tardive angevine : couronnement à mâchicoulis, chaînes d'angle en pierre de taille, toiture conique en ardoise. Elle dialogue avec un logis bas qui lui est contemporain, dont les baies à meneaux d'inspiration flamboyante témoignent de l'évolution vers plus de confort résidentiel à la fin du Moyen Âge. Le XIXe siècle apporte une seconde lecture, néogothique et romantique. Le corps de logis principal, surélevé et restructuré, adopte les codes du style troubadour : lucarnes à gâbles sculptés, frontons aigus, croisées de fenêtres à petits-bois, et tourelles d'angle à poivrière qui rappellent délibérément l'esthétique médiévale. Les matériaux restent fidèles à la tradition régionale — le tuffeau blanc pour les éléments décoratifs, l'ardoise bleue d'Anjou pour les toitures, la pierre grise pour les soubassements —, assurant une cohérence visuelle entre les parties anciennes et les ajouts du siècle romantique. Le parc à l'anglaise constitue le troisième élément architectural du domaine. Conçu selon les principes du jardin pittoresque, il intègre des perspectives ménagées sur la façade du château, un réseau de cheminements sinueux, des pièces d'eau et un boisement composé d'essences variées dont certains spécimens centenaires. L'ensemble forme un écrin paysager d'une cohérence remarquable, typique des aménagements nobiliaires du Second Empire et de la IIIe République en Anjou.
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